La chirurgie arthoscopique des ménisques du genou

La première intervention arthroscopique effectuée de façon courante en Europe et aux USA a été la méniscectomie au début des années 80. Les inventeurs de la méthode on été les chirurgiens japonais dans les années 70, en particulier Watanabe et Ikeuchi qui nous a honoré de sa visite en 2001 au congrès de la Société Française d’Arthroscopie que nous avions organisé à la Baule.

Petites cicatices, peu de douleurs, récupération rapide, cette opération a joui immédiatement d’une réputation flatteuse. Cette chirurgie reste extrèmement performante mais il faut néammoins nuancer un peu les choses.

L’opération est minutieuse : prenant en compte les cartilages, le tissus osseux, les ligaments, elle doit être douce et atraumatique, il ne s’agit pas d’une « banale opération ». Vous avez d’ailleurs vu en consultation comme votre chirurgien avait une approche nuancée avant de prendre la décision opératoire.

Les suites sont variables : rien de commun entre la lésion du sujet jeune à cartilages intacts qui va récupérer rapidement et la convalescence plus longue du sujet plus agé dont les cartilages sont déjà un peu abimés par une arthrose débutante.

Languette méniscale mobile sur cartilages sains : on conçoit bien que le fragment puisse se déplacer et se coincer de façon imprévue causant ainsi une gène brutale. La résection de la lésion amènera dans ce cas un grand soulagement.

L’économie méniscale est essentielle chez le sujet jeune : lorsqu’elle est possible la réparation méniscale doit être privilégiée : cette option est techniquement plus difficile pour le chirurgien, plus ennuyeuse pour le patient (cannes anglaises et attelle pour plusieurs semaines) et moins prévisible dans son résultat puisque le taux de cicatrisation n’est que de 80%. Néammoins, en conservant le capital méniscal elle offre les meilleurs conditions de longévité et qualité au genou. L’équipe a une longue tradition sur la question puisqu’elle pratique les réparations méniscales arthoscopiques depuis 1985. Cette expérience nous a amenés à être désigné centre pilote de recherche et d’évaluation sur les matrices méniscales artificielles qui peuvent être implantées (dans des cas très selectionnés séquelles de méniscectomies) pour guider la reconstruction biologique naturelle d’un nouveau ménisque.

La rupture méniscale est explorée à l’aide d’un crochet palpateur : elle possède les caractéristiques d’une lésion réparable

Cette image fait suite à la précédente, l’opérateur a dèja placé un fil en attente de serrage destiné à refermer la brèche. En cas de succès on retrouvera un ménisque proche de la normale.

Mais l’économie méniscale est aussi essentielle chez le sujet plus agé : si le ménisque est abimé les cartilages le sont souvent aussi : une décision trop précipitée d’abation du ménisque risque d’accélerer l’usure des cartilages qui ne seront plus protégés par le ménisque. Il est de bonne pratique de patienter avant d’opérer car on a constaté que dans nombre de cas la douleur diminue sans opération en quelques mois alors même que l’ IRM montrait une image de lésion méniscale indiscutable. La lésion reste présente mais le genou est devenu indolore.

IRM d’une lésion ménsicale interne sur arthrose ; regardez à G de l’image : certes le ménisque est abimé (il n’a pas l’aspect de beau triangle noir comme sur l’autre ménisque), mais surtout l’os est blanchâtre ce qui traduit sa souffrance : le problème dépasse largement le ménisque.

Les décisions doivent être nuancées et réfléchies, elle s’inscrivent dans une compréhension globale de la physiologie du genou.

L’opération du ménisque dans notre pratique à la Clinique de L’Europe :

Effectuée en Chirurgie Ambulatoire (entrée le matin, sortie le soir), sous anesthésie générale le plus souvent. Après examen vidéo de l’ensemble du genou le chirurgien va découper avec précision la partie abimée du ménisque pour l’enlever. Il importe de respecter absolument toute la partie méniscale qui est saine, la limite doit être parfaitement définie. Pas de drains, pas d’attelle, en principe pas de cannes anglaises ni de rééducation. A votre sortie vous êtes capables de marcher un peu, avec un certain inconfort. Il importera de vous reposer vraiment à domicile durant quelques jours faute de quoi le genou risque de de gonfler et être douloureux. Anticoagulants, antalgiques sont le plus souvents prescrits directement. Ensuite la situation va s’améliorer au fil des premières semaines.

Il n’y a pas de fils de sutures, la technique particulière des incisions horizontales les rend inutiles et permet aux cicatrices de disparaitre dans l’année qui suit. Ci dessous images d’incisions : après 1 mois elle est violette à gauche et un an, à droite elle est devenue blanche.

Il ne faut pas faire de sports ni activités soutenues ou voyages durant le premier mois. Les risques inflammatoires et infectieux sont faibles, autant ne pas les provoquer. Ensuite vous reprendrez vos activité sportives progressivement, il faut comprendre que malgré la petite taille des incisions un travail assez profond et élaboré a été réalisé. On a coutume de considérer que le genou n’est pas à pleine puissance avant 3 mois.

Il faut se souvenir qu’il s’agit d’une opération à part entière, elle va engager l’avenir de votre genou, toutes les paramètres doivent être optimisés.

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